dimanche 25 janvier 2009

M62 - The BPA : "I Think We're Gonna Need A Bigger Boat"

Woh les mecs, Fatboy Slim c'est fini !
Maintenant, faut dire The BPA (pour Brighton Port Authority).

Enfin, en vrai, c'est toujours le même type, c'est juste Norman Cook.
Mais de toute façon, on vous avait prévenu.



Ah ça, comme le dit le titre de l'album, c'est sûr qu'il va avoir besoin d'une barque un peu plus grande avec ce nouveau pseudonyme, comparé à l'ère Fatboy Slim. Eh ouais, maintenant Norman Cook se paye le privilège de faire un featuring sur chaque morceau !
Et pas avec n'importe qui, hein ! Vas-y que je ressors Iggy Pop de son cercueil, que j'arrache David Byrne des mains de Brian Eno pour le refourguer à Dizzee Rascal, ou que j'invite Martha Wainwright à danser pour finalement fricoter avec Emmy The Great... La liste est longue !
Donc voilà, en gros, cet album, c'est un beau bordel où plein plein de personnalités se croisent. Avec tout ça, c'est au moins un paquebot dont il a besoin Norman Cook !

Bon, et sinon, qu'est-ce qu'ils apportent de plus tous ces invités ? Eh bien, en fait, c'est un peu la question qui tue ça, car la réponse est, pour la plupart, pas grand chose. Alors que le morceau d'ouverture, "He's Frank", profitant du timbre unique de Iggy Pop, parvient à lancer admirablement l'album, la suite se montre plus inégale.
"Dirty Sheets", chantée par Pete York, donne un peu la migraine avec ses bips et ses vrombissements incessants : le genre de morceau qu'on écoute une fois sans jamais revenir dessus. Arrivant juste après, "Jumps The Fence" est un morceau déjà plus réussi : le flow de Connan Hosford (de Connan and the Mockasins) accroche bien, tandis que des arpèges de guitares inquiétants distille une ambiance joliment travaillée, en particulier avec le sample final, digne des films d'horreur des années 50. La piste suivante, "Should I Stay or Should I Blow", ne montre pas beaucoup de prétention, et finalement c'est pas si mal. La musique kitchissime et le chant ultra-répétitif parviennent sans mal à emporter l'adhésion.

L'electro-pop distillée par Norman Cook et son pote Justin Robertson sur "Island" se montre déjà plus enivrante que tout ce qui précédait. Rappelant par moment un New Order teinté par du trip-hop, ce morceau est particulièrement réussi et surprend par son apparente simplicité. Dommage que, juste après,"Local Town" viennent un peu gâcher tout ça. Ne parvenant pas à profiter de la présence de Jamie T, Norman Cook s'embourbe dans un morceau exaspérant et répétitif à en vomir, à un tel point que même un sample des Clash ne parvient pas à l'en sortir. Heureusement, Emmy The Great vient reprendre les choses en main avec "Seattle", une chanson lumineuse portée principalement par son chant. Reste toujours ce problème récurrent du je-répète-tout-le-temps-la-même-chose qui finit par écœurer. C'est ensuite Martha Wainwright qui prend la relève sur "Spade", un truc assez bizarre, tout saccadé. Ça passe le temps mais on peut pas dire que ce soit très réussi... Encore un featuring qui tombe à l'eau !

Attention, maintenant on arrive aux morceaux "super" ! Non pas parce qu'ils sont géniaux, mais parce qu'ils s'appellent "Superman" (avec Simon Thornton) et "Superlover" (avec Cagedbaby). "Superman" est assez proche du somnifère, on zappe ! Par contre, "Superlover" est pas si nulle, même si elle dégouline un peu trop de mièvrerie.
Mais rassurez-vous, voilà "Toe Jam" qui arrivent ! Et là, ça envoie ! Bon ok, on connait déjà depuis longtemps mais on prend toujours un grand plaisir à l'écoute de ces samples de cuivres complètement retournés dans tous les sens, de la superbe voix de David Byrne et du flow irrésistible de Dizzee Rascal. Pour le final, Olly Hite vient aider à joliment achever cet album de The BPA avec "So It Goes", petite douceur électro-pop sur lequel son chant habité s'adapte à merveille. Belle conclusion.

Au final cette album est une semi-déception. Alors qu'on attendait beaucoup du retour de Fatboy Slim (en tout cas moi oui !), voilà qu'on est surpris par ce I Think We're Gonna Need A Bigger Boat qui se présente un peu comme un patchwork de la pop actuelle. Le plus souvent, c'est pas mal, c'est parfois très bon mais ça arrive aussi que ça tombe à plat. Dommage que tous ces invités n'aient pas apporté davantage que leurs simples voix dans leurs bagages. Espérons que The BPA fera preuve d'un peu plus de constance sur le prochain album, si jamais il y en a un.

Verdict : 3,25/5


"He's Frank" (feat. Iggy Pop)

Myspace

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