dimanche 14 décembre 2008

F08 - "Burn After Reading" de Joel et Ethan Coen

C'est pas bien de se moquer des idiots...
Mais quand même, qu'est-ce que ça peut être drôle !



Avant d'aller le voir, je m'attendais à la critique facile : "ouai bon, c'est un navet mais c'est marqué Joel et Ethan Coen sur l'affiche, du coup c'est bien". Bon, vous vous en doutez, ce n'est pas si simple.
Petite mise en situation : on a affaire ici à un scénario assez bidon dans le fond mais qui reste quand même difficile à résumer. Pour faire simple, un consultant de la CIA (John Malkovich), fraîchement licencié, voit ses mémoires (contenant des infos confidentielles, de pseudo-secrets d'État) tomber entre les mains de deux pauvres idiots (Brad Pitt et Frances McDormand) travaillant dans un club de gym, tout de même assez finauds pour y trouver un intérêt évident. Et tout ça, eh bien ça crée plein d'embrouilles, de quiproquos, avec au milieu de tout ça d'autres personnages complètement débiles qui se baladent (George Clooney, Tilda Swinton, Richard Jenkins...).
Bref, c'est un bazar pas possible, du coup je ne vais pas aller plus loin au sujet de l'histoire qui, au fond, n'est pas l'intérêt premier de Burn After Reading. La théorie selon laquelle ce film serait une critique de la stupidité de certains américains, en particulier un certain président, me fait doucement rire : pour moi, c'est juste une grosse farce où les frères Coen se moquent d'une bande de crétins en les cuisinant aux petits oignons.

En fait, Burn After Reading ne se situe absolument pas dans la lignée des géniaux No Country For Old Men ou The Barber mais plutôt dans celles des moyens Ladykillers ou Intolérable Cruauté et du sympathique O'Brother. Mais ici, ça va encore plus loin dans le délire de réalisateurs et d'acteurs, on a même parfois l'impression qu'il s'agit juste d'un gros délire, une sorte de méga private joke à gros budget. Certains aimeront, d'autres resteront hermétiques à un humour parfois dénué de finesse.
Mais voilà, l'absence de scénario crédible (qui d'ailleurs va se saborder tout seul au deux tiers du film) nuit un peu au récit, qui frôle parfois le gros creux ennuyeux, lequel est évité de justesse grâce aux performances des acteurs. Eh oui, le voilà l'intérêt réel du film. Si en plus d'adorer les rôles d'idiots déjà incarné par George Clooney et Frances McDormand auparavant (déjà avec les frères Coen), vous rêviez de voir Brad Pitt en débile fini, fanatique de vélo, assoiffé de soda et dansant comme un abruti avec son iPod vissé sur les oreilles, dans ce qui semble presque être le rôle de vie (!) alors foncez voir ce film. Leurs interprétations sont tout simplement ahurissantes, tout comme celles de John Malkovich, névrosé, et Tilda Swinton, rêche comme du papier abrasif, tous les deux géniaux en couple incompatible.

En clair, à partir du moment où on arrive à faire abstraction du fond (inexistant), qu'on s'intéresse à la mise en forme (impeccable, j'ai oublié d'en parler), au jeu des acteurs (à fond dans leurs délires) et qu'on accroche aux gags complètement stupides, on est prêt à passer un bon moment avec Burn After Reading. Et encore... je ne vous ai pas parlé du brushing de Brad Pitt, ni de la scène dans la voiture du personnage de John Malkovich !

Verdict : 3,25/5

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1 commentaire:

benoit a dit…

bon, un petit Coen sans prétention c'est toujours mieux que 100 films qui veulent péter plus haut que le cul ;-)